Marthe et Marie
la femme au parfum

Luc 10
Jean 11,12

 

Volontiers, Jésus va se reposer chez des amies, Marthe et Marie. Luc nous rapporte l'épisode d'une rencontre de Jésus avec Marthe et Marie, deux soeurs aux tempéraments bien différents.

Comme ils étaient en route, il entra dans un village et une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une soeurs nommée Marie qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe s'affairait à un service compliqué. Elle survint et dit : "Seigneur, cela ne te fait rien que ma soeur m'ait laissée seule à faire le service ? Dis-lui donc de m'aider". Le Seigneur lui répondit : "Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C'est bien Marie qui a choisi la meilleure part; elle ne lui sera pas enlevée".

(Luc 10, 38-42)


Jésus rend la vie à Lazare, frère de Marthe et de Marie.

Il y avait un homme malade; c'était Lazare de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe. Il s'agit de cette même Marie qui avait oint le Seigneur d'une huile parfumée et lui avait essuyé les pieds avec ses cheveux; c'était son frère Lazare qui était malade. Les soeurs envoyèrent dire à Jésus : "Seigneur, celui que tu aimes est malade".
Dès qu'il l'apprit, Jésus dit : "Cette maladie n'aboutira pas à la mort, elle servira à la gloire de Dieu : c'est par elle que le Fils de Dieu doit être glorifié". Or Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare. Cependant, alors qu'il savait Lazare malade, il demeura deux jours encore à l'endroit où il se trouvait. Après quoi seulement, il dit aux disciples : "Retournons en Judée". Les disciples lui dirent : "Rabbi, tout récemment encore les Juifs cherchaient à te lapider; et tu veux retourner là-bas ? Si quelqu'un marche de jour, il ne trébuche pas parce qu'il voit la lumière de ce monde; mais si quelqu'un marche de nuit, il trébuche parce que la lumière n'est pas en lui".
Après avoir prononcé ces paroles, il ajouta : "Notre ami Lazare s'est endormi, mais je vais aller le réveiller". Les disciples lui dirent donc : "Seigneur, s'il s'est endormi, il sera sauvé". En fait, Jésus avait voulu parler de la mort de Lazare, alors qu'ils se figuraient, eux, qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil. Jésus leur dit alors ouvertement : "Lazare est mort, et je suis heureux pour vous de n'avoir pas été là, afin que vous croyiez. Mais allons à lui ! " Alors Thomas, celui que l'on appelle Didyme, dit aux autres disciples : "Allons, nous aussi, et nous mourrons avec lui".
A son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau; il y était depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie est distante de Jérusalem d'environ quinze stades, beaucoup de Juifs étaient venus chez Marthe et Marie pour les consoler au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie était assise dans la maison. Marthe dit à Jésus : "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera". Jésus lui dit : "Ton frère ressuscitera".Je sais, répondit-elle, qu'il ressuscitera, lors de la résurrection, au dernier jour". Jésus lui dit : "Je suis la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?" Oui, Seigneur, répondit-elle, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, Celui qui vient dans le monde". Là-dessus, elle partit appeler sa soeur Marie et lui dit tout bas : "Le Maître est là et il t'appelle". A ces mots, Marie se leva immédiatement et alla vers lui. Jésus, en effet, n'était pas encore entré dans le village; il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe l'avait rencontré. Les Juifs étaient avec Marie dans la maison et ils cherchaient à la consoler. Ils la virent se lever soudain pour sortir, ils la suivirent : ils se figuraient qu'elle se rendait au tombeau pour s'y lamenter.
Lorsque Marie parvint à l'endroit où se trouvait Jésus, dès qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds et lui dit : "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort". Lorsqu'il les vit se lamenter, elle et les Juifs qui l'accompagnaient, Jésus frémit intérieurement et il se troubla. Il dit : "Où l'avez-vous déposé ?" Ils répondirent : "Seigneur, viens voir". Alors Jésus pleura; et les Juifs disaient : "Voyez comme il l'aimait !" Mais quelques-uns d'entre eux dirent : "Celui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, n'a pas été capable d'empêcher Lazare de mourir". Alors, à nouveau, Jésus frémit intérieurement et il s'en fut au tombeau; c'était une grotte dont une pierre recouvrait l'entrée. Jésus dit alors : "Enlevez cette pierre". Marthe, la soeur du défunt, lui dit : "Seigneur, il doit déjà sentir... Il y a en effet quatre jours..." Mais Jésus lui répondit : "Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?" On ôta donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux et dit : "Père, je te rends grâce de ce que tu m'as exaucé. Certes, je savais bien que tu m'exauces toujours, mais j'ai parlé à cause de cette foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé". Ayant ainsi parlé, il cria d'une voix forte : "Lazare, sors !" Et celui qui avait été mort sortit, les pieds et les mains attachés par des bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus dit aux gens : "Déliez-le et laissez-le aller !"


(Jean 11, 1-44)

Marie parfume Jésus.

Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie où se trouvait Lazare qu'il avait relevé d'entre les morts.On y offrit un dîner en son honneur : Marthe servait tandis que Lazare se trouvait parmi les convives. Marie prit alors une livre d'un parfum de nard pur de grand prix; elle oignit les pieds de Jésus, les essuya avec ses cheveux et la maison fut remplie de ce parfum. Alors Judas Iscariote, l'un de ses disciples, celui-là même qui allait le livrer, dit : "Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, pour les donner aux pauvres ?" Il parla ainsi, non qu'il eût souci des pauvres, mais parce qu'il était voleur et que, chargé de la bourse, il dérobait ce qu'on y déposait. Jésus dit alors : "Laissez-la ! Elle observe cet usage en vue de mon ensevelissement. Des pauvres, vous en avez toujours avec vous, mais moi vous ne m'avez pas pour toujours".

(Jean 12, 1-8)

Dans Marc 14,3-9 (et Matthieu 26,6-13), une femme, dont on ignore le nom, accomplit ce même geste sur Jésus.

 

Jésus était à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux et, pendant qu'il était à table, une femme vint, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum de nard, pur et rès coûteux. Elle brisa le flacon d'albâtre et lui versa le parfum sur la tête. Quelques uns se disaient entre eux avec indignation : "A quoi bon perdre ainsi ce parfum ? On aurait bien pu vendre ce parfum-là plus de trois cents pièces d'argent et les donner aux pauvres!" Et ils s'irritaient contre elle. Mais Jésus dit : "Laissez-la, pourquoi la tracasser ? C'est une bonne uvre qu'elle vien d'accomplir à mon égard. Des pauvres, en effet, vous en avez toujours avec vous, et quand vous voulez, vous pouvez leur faire du bien. Mais moi, vous ne m'avez pas pour toujours. Ce qu'elle pouvait faire, elle l'a fait : d'avance elle a parfumé mon corps pour l'ensevelissement. En vérité je vous le déclare, partout où sera proclamé l'Evangile dans le monde entier, on racontera aussi, en souvenir d'elle, ce qu'elle a fait.


(Marc 14,3-9)

Textes de la TOB, éditions du Cerf