Miryam

Yokéved

 

Exode 15

Nombres 12, 20, 26

 

Les Hébreux viennent de passer la Mer Rouge.

 

La prophétesse Miryam, soeur d'Aaron, prit en main le tambourin; toutes les femmes sortirent à sa suite, dansant et jouant du tambourin. Et Miryam leur entonna :

"Chantez le Seigneur,

il a fait un coup d'éclat.

Cheval et cavalier,

en mer il les jeta !"

(Exode 15, 19-21)

 

Au cours de la marche dans le désert, Miryam s'en prend à la conduite de Moïse, parce qu'il a épousé une femme étrangère.

Quand Miryam - et de même Aaron - critiqua Moïse à cause de la femme nubienne qu'il avait épousée; car il avait épousé une Nubienne. Ils dirent : "Est-ce donc à Moïse seul que le Seigneur a parlé ? Ne nous a-t-il pas parlé à nous aussi ?" Et le Seigneur l'entendit. Moïse était un homme très humble, plus qu'aucun homme très humble, plus qu'aucun homme sur terre. Soudain, le Seigneur dit à Moïse, Aaron et Miryam : "Allez tous les trois à la tente de la rencontre". Ils y allèrent tous les trois. Le Seigneur descendit dans une colonne de nuée et se tint à l'entrée de la tente; il appela Aaron et Miryam et tous deux s'avancèrent. Il dit : "Ecoutez donc mes paroles : S'il y a parmi vous un prophète, c'est par une vision que moi, le Seigneur, je me fais connaître à lui, c'est dans un songe que je lui parle. Il n'en va pas de même pour mon serviteur Moïse, lui qui est mon homme de confiance pour toute ma maison : je lui parle de vive voix - en me faisant voir - et non en langage caché; il voit la forme du Seigneur. Comment donc osez-vous critiquer mon serviteur Moïse ?"

Le Seigneur s'enflamma de colère contre eux et s'en alla. La nuée se retira de dessus la tente et voilà que Miryam avait la lèpre : elle était blanche comme la neige. Aaron se tourna vers elle et vit qu'elle avait la lèpre. Il dit à Moïse : "Oh ! mon Seigneur, je t'en prie, ne fais pas retomber sur nous le péché que nous avons commis, insensés et pécheurs que nous sommes ! Oh ! que Miryam ne devienne pas comme l'enfant mort-né dont la chair est à moitié rongée lorsqu'il sort du sein de sa mère !" Moïse cria vers le Seigneur : "O Dieu, daigne la guérir ! " Et le Seigneur dit à Moïse : "Si son père lui avait craché au visage, ne serait-elle pas couverte de honte pendant sept jours ? Qu'elle soit donc exclue du camp pendant sept jours : après quoi elle reprendra sa place". On exclut donc Miryam du camp pendant sept jours et le peuple ne partit pas avant qu'elle eût repris sa place. Après quoi, le peuple partit de Hacéroth; et ils campèrent dans le désert de Parân.

 

(Nombres 12, 1-16)

(Deutéronome 24,9)

La mort de Miryam

Toute la communauté des fils d'Israël arriva au désert de Cîn et le peuple s'établit à Qadesh. C'est là que mourut Miryam et qu'elle fut enterrée.

(Nombres 20, 1)

Ascendance de Miryam

La femme d'Amrâm se nommait Yokéved, fille de Lévi, que Lévi eut de sa femme en Egypte. Elle donna à Amrân : Aaron, Moïse et Miryam, leur soeur.

(Nombres 26,59)

Textes de la TOB, éditions du Cerf

(Myriam, guide du peuple, Michée 6,4)

 


 

Myriam, la rebelle

Pharaon avait décidé de tuer les nouveaux-nés garçons. Mais «Dieu rendit les sages-femmes efficaces et le peuple se multiplia et devint très fort» (Ex 1,20). Les accoucheuses sont entrées dans la résistance en protégeant les naissances. Telle fut leur contribution originale à l'avenir des hébreux, leur participation active à l'accouchement d'Israël comme peuple. Myriam a tenu également un rôle essentiel puisqu'elle a sauvé des eaux son frère Moïse et a suggéré à la fille du Pharaon de prendre sa mère comme nourrice (Ex 2,1-10).
Moïse, l'homme de confiance de Dieu, n'a fait, quant à lui, que terminer l'accouchement du peuple par la traversée des eaux de la mer. Car le passage de la mer, c'est l'engendrement par Dieu, avec les femmes et Moïse, d'Israël comme peuple nouveau, sauvé. Sa naissance est une nouvelle création, une nouvelle victoire sur le chaos (Gn 1,1). Mais le "travail" de la naissance avait été commencé par les accoucheuses, celles qu'on appellera plus tard, les Sages-femmes. Car, c'est sagesse de prévoir 1' avenir.
Myriam est boute-en-train. Toutes les femmes l'ont suivie dans la danse et ont chanté le cantique de la naissance du peuple, le chant de la première fête nationale après le passage de la Mer Rouge (Ex 15). Elle a aussi ses faiblesses. Prophétesse, elle devient jalouse de son frère qui est plus qu'un prophète, puisqu'il voit la forme de Dieu. Alors que le peuple connaît des difficultés dans le désert et commence à pester contre Moïse, elle se laisse entraîner avec Aaron à colporter des ragots: «Il a épousé une femme nubienne !»
Ce que nous voyons naître et faisons naître, dans la famille, à l'école, les associations, au travail et dans l'Eglise, est motif de joie. Avec Myriam, faisons part de nos raisons de chanter.
«Ma force et mon chant, c'est le Seigneur. Il a été pour moi le salut. C'est lui mon Dieu, je le louerai» . Exode 15, 2.

 

Michel FROMONT "Femmes de la Bible, le dynamisme de la foi" ACGF