Tabitha

Actes 9

Pierre rend la vie à Tabitha.

Il y avait à Joppé une femme qui était disciple; elle s'appelait Tabitha, ce qui se traduit par Gazelle (Dorcas). Elle était riche des bonnes uvres et des aumônes qu'elle faisait. Or, en ces jours-là, elle tomba malade et mourut. Après avoir fait sa toilette, on la déposa dans la chambre haute...Les disciples avaient appris que Pierre était là et ils lui envoyèrent deux hommes chargés de cette invitation : "Rejoins-nous sans tarder." Pierre partit aussitôt avec eux. Quand il fut arrivé, on le fit monter dans la chambre haute, et toutes les veuves se tenaient devant lui en pleurs, lui montrant les tuniques et les manteaux que faisait Dorcas quand elle était en leur compagnie. Pierre fit sortir tout le monde et, se mettant à genoux, il pria; puis, se tournant vers le corps, il dit : "Tabitha, lève-toi." Elle leva les yeux, et, à la vue de Pierre, elle se redressa et s'assit. Il lui donna la main, la fit lever et, rappelant les saints et les veuves, il la leur présenta vivante.

(Actes 9,36-41)

Textes de la TOB, éditions du Cerf


Un commentaire de ce texte par Joseph Stricher

Réflexions sur la parité dans l'Evangile de Luc

 Luc est le seul auteur du Nouveau Testament à nous présenter Jésus entouré de disciples femmes. Au début du chapitre 8 de son évangile, il nous donne même le nom de certaines d'entre elles: Marie de Magdala, Jeanne femme de Chouza intendant d'Hérode, Suzanne. Il y en avait encore beaucoup d'autres, dit il. Ces femmes suivent Jésus et elles l'aident en apportant l'argent nécessaire à la vie du groupe.
La disciple de Joppé (c'est le Jaffa d'aujourd'hui dans la banlieue de Tel Aviv) est généreuse, elle aussi. En plus, elle est douée pour la couture. Mais elle vient de mourir. Comme dans l'histoire de la fille de Jaire, la puissance de salut de Dieu va s'exercer (Luc 8,40-56). Elle le fait maintenant à travers la communauté des croyants dont Pierre est la figure de proue.


Nous admirons avec quel soin Luc s'applique à montrer une certaine parité entre hommes et femmes. A ce récit de la résurrection d'une femme par Pierre correspond celui de la résurrection d'un jeune homme par Paul (Actes 20,7-12)'. Pareillement, dans son évangile il y avait la résurrection du fils unique d'une veuve et celui de la fille unique du chef de la synagogue (Luc 7,11-17 et 8,40-56). Ce ne sont pas des coincidences. Son uvre est parsemée de semblables parallélismes. Regardez comment, dès le début de son uvre, l'ange du Seigneur s'adresse à un homme puis à une jeune femme pour leur annoncer à chacun la naissance d'un enfant (Luc 1,11-20 et 1,26-38); comment le cantique de Zacharie répond à celui de Marie (Luc 1,67-79 et 1,46-55); comment, dans le Temple de Jérusalem, la prophétesse Anne surgit à côté de Syméon pour être le deuxième témoin de l'enfant, salut pour tous les peuples (Luc 2,25-38); comment Jésus dit à deux femmes puis à deux hommes : «Ta foi t'a sauvée» (Luc 7,50; 8,48; 17,19; 18,42); comment Jésus double la parabole du berger et de la brebis perdue par celle de la ménagère et de la pièce perdue (Luc 15,3-7 et 8-10); comment un homme sous le regard des femmes ensevelit Jésus et enfin comment ces femmes avec un homme sont les témoins du tombeau vide (Luc 23,50-56 et 24,1-12).

Extrait de "Irrésistible parole", livret biblique édité par l'ACGF, 1995