Une femme de Teqoa
2 Samuel 14 On sait comment, au cours d'une réception, Absalom, fils du roi David (environ 1010-970 avant Jésus Christ), tue Amnon, un autre fils de David, pour se venger du viol de Tamar, sa soeur. Absalom prend la fuite et David ne veut plus le voir. Une femme du village de Teqoa sert d'intermédiaire entre le général Joab et le roi David en faveur d'Absalom. Joab comprit que le coeur du roi était contre Absalom. Il envoya donc chercher à Teqoa une femme avisée et il lui dit : "Fais semblant d'être en deuil, mets des vêtements de deuil, ne te parfume pas, bref, sois comme une femme depuis longtemps en deuil d'un mort. Puis, va trouver le roi et parle-lui de telle façon." Et Joab lui dicta ce qu'elle devait dire. La femme de Teqoa parla donc au roi. Elle se jeta face contre terre, se prosterna et dit : "Au secours, mon roi !" Le roi lui dit : "Qu'as-tu ?" Elle dit : "Hélas ! Je suis veuve. Mon mari est mort. Ta servante avait deux fils. Tous les deux, ils se sont querellés dans la campagne. Il n'y avait personne pour les séparer. L'un d'eux a porté un coup mortel à son frère. Alors, tout le clan s'est dressé contre ta servante. Ils ont dit : "Livre le fratricide : nous le mettrons à mort pour prix de la vie de son frère qu'il a assassiné - et nous supprimerons du même coup l'héritier." Ils éteindront ainsi la braise qui me reste, ne laissant à mon mari ni nom ni postérité sur la face de la terre." Le roi dit à la femme : "Va-t'en chez toi. Je vais donner des ordres à ton sujet." La femme de Teqoa dit au roi : "Sur moi la faute, mon seigneur le roi, et sur ma famille! Le roi et son trône en sont innocents." Le roi dit : "Celui qui t'en parlera, tu me l'amèneras, et il ne recommencera plus à s'en prendre à toi." Elle dit : "Que le roi daigne faire mention du Seigneur, ton Dieu, pour que le vengeur du sang n'ajoute pas encore au massacre et qu'on ne supprime pas mon fils." Il dit : " Par la vie du Seigneur, pas un cheveu de ton fils ne tombera à terre !" La femme dit : "Permets à ta servante de dire un mot à mon seigneur le roi." Il dit : "Parle." La femme dit : "Pourquoi donc as-tu fait un projet de ce genre à l'encontre du peuple de Dieu ? D'après ce qu'il vient de dire, le roi se déclare lui-même coupable en ne faisant pas revenir celui qu'il a banni. Oui, nous mourrons, pareils à de l'eau déferlant à terre et qu'on ne peut recueillir, mais Dieu ne s'emporte pas et il a fait ses plans pour que ne soit pas banni loin de lui celui qui a été banni. Maintenant, si je suis venu dire à mon seigneur le roi ce que je viens de lui dire, c'est que le peuple m'a fait peur. Ta servante s'est dit : "Allons parler au roi. Peut-être le roi fera-t-il ce que lui dira son esclave." Puisque le roi acceptait d'arracher son esclave de la main de l'homme qui voulait me supprimer du patrimoine de Dieu en même temps que mon fils, ta servante s'est dit : "Puisse la parole de mon seigneur le roi contribuer à l'apaisement. Car mon seigneur le roi est comme l'ange de Dieu : il écoute le bien et le mal." Que le Seigneur ton Dieu soit avec toi." (2 Samuel 14, 1-24) Textes de la TOB, éditions du Cerf |
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